Transat Jacques Vabre

La Transat Jacques Vabre avait très bien commencé pour nous :

Après avoir pris un bon départ du Havre et très bien passé la bouée d’Etretat, nous avons tiré de superbes bords en Manche pendant la première nuit de laquelle nous sommes sortis troisièmes. Nous avons ensuite passé la pointe nord-ouest de la Bretagne sans encombre bien que ralentissant un peu après une petite erreur de placement. En naviguant au près au large du Golfe de Gascogne, nous sommes restés dans l’excellent TOP 10 occupé par les bateaux dernière génération et en concurrence directe avec le « nez pointu » de Kito de Pavant et d’Achille Nebout .

Pas plus de 30 milles d’écart avec les premiers malgré quelques soucis mineurs et la casse de notre rail d’écoute de grand-voile à laquelle nous avons remédié avec un système de pantoire à l’ancienne, tout cela agrémenté de passages dans les articles de la presse spécialisée, bref, le bonheur et la certitude de notre niveau !

Pour descendre le long des côtes du Portugal, nous avons choisi un placement médian et légèrement ouest, placement, qui, mathématiquement, allait nous permettre de recoller aux premiers. Mais…

Dans la nuit du 31 octobre au 1 novembre, alors que nous étions Charles et moi en train de peaufiner notre stratégie pour continuer à montrer que notre vieux bateau avait encore de beaux restes, nous avons entendu un gros « CRAC » immédiatement suivi de la chute de notre mât sur l’arrière du bateau… Nous avons bondi à l’extérieur et nous sommes vus malheureusement contraints de libérer le mât pour notre sécurité et celle de Colombre XL… Après des efforts intenses, nous avons installé un gréement de fortune en utilisant la bôme comme mât et le tourmentin comme voile d’avant…

A 300 milles des côtes, nous avons choisi de regagner Lisbonne, nous laissant pousser par le vent et priant pour que la tempête annoncée nous laisse tranquilles… Ce qu’elle a fait.

Bien-sûr, nous sommes très déçus de ne plus être en mer mais les sports mécaniques ont cela d’injuste et d’aléatoire. Nous savons que nous n’avons pas fait d’erreur, nous avions changé avant de partir la pièce qui a cédé, remplacé également l’étai et le gréement, le bateau était normalement fiabilisé pour nous permettre de traverser l’Atlantique.

Il manque à mon CV une ou deux saisons en Figaro 3, je décide donc de me lancer. Au programme : la Transat AG2R et la Solitaire du Figaro. A bon entendeur… 😉